Conférence
Créativité artificielle : mythe ou réalité ?
L'intelligence artificielle va-t-elle remplacer les artistes ?
Voilà la question posée par Louis de Diesbach, éthicien de la technique, en guise de sous-titre de son dernier livre "Faussaires algorithmiques", et dont le Digital Lab et Le Soir se sont emparés ce 20 mai à l'occasion de leur conférence "Créativité artificielle : mythe ou réalité ?" qui s'est tenue dans un lieu emblématique de la culture à Liège, le B3 - Centre de ressources et de créativité de la Province de Liège.
Après la présentation de l'ouvrage, le public a pu assister à un débat par un panel aussi passionné que passionnant. Morceaux choisis :
« Le souci principal est celui de l’honnêteté et de l’authenticité de la démarche artistique. Le problème se situe là où on présente quelque chose comme une œuvre non-créée par l’IA alors qu’elle l’est. » Olivier Van Hee (Fédération Wallonie-Bruxelles)
« Par rapport à un pinceau pour le peintre et d’autres développements technologiques apparus depuis, il y a quelque chose en plus avec l’IA : on utilise un outil dont on n’a pas totalement la maîtrise et qui pourrait exercer une influence idéologique sur l’œuvre. » Xavier Counasse (Le Soir)
« L’IA vient couronner toutes les réflexions que l’on doit avoir en tant qu’usager, comme lorsque l’on choisit ce que l’on mange, ou si on doit prendre l’avion. Il faut juste faire les choses consciemment. Un degré de conscience humaine supérieur est toujours souhaitable. » Alexis Alvarez (HEC Liège)
« C’est un débat qui doit être traité en nuance. Demander si l'on est pour ou contre l’IA est probablement la plus mauvaise question à poser aux gens. Parfois, c’est super – on pense à deux Prix Nobel en 2024, dont celui de chimie remporté par quelqu’un qui n’est même pas chimiste – mais c’est aussi le travail du clic. » Louis de Diesbach
« Pendant que nous débattons, l’IA avance. Par contre, il n’y a aucun soupçon d’avancement sur les émotions. Nous sommes capables d’éprouver du plaisir, de la frustration, des émotions positives et négatives comme le joueur de tennis qui s’entraîne et qui prend beaucoup de plaisir même à perdre un match dans lequel il s’est très bien battu. L’IA, elle, n’en a rien à faire, elle n’a aucune émotion. Mais c’est le seul endroit où on peut poser le débat. » Dominique Mangiatordi (ai5)
Le Digital Lab remercie chaleureusement les intervenants et au public présent, ainsi qu’à la La Pépinière d'entreprises du B3 pour sa collaboration !
Publié le 29/05/2026
